Métiers de l’événement : 43 % d’offres d’emploi supplémentaires en un an

Alors que le secteur de l’événementiel affiche un dynamisme retrouvé, il fait face à une transformation structurelle qui redessine ses métiers et ses besoins en compétences. Pour accompagner cette mutation, l’OPIIEC, avec le soutien de l’OPCO Atlas, publie une étude sur les dynamiques d’emploi dans les métiers de la branche, afin d’identifier les leviers à mobiliser pour répondre aux enjeux du secteur.
« Le secteur de l’événementiel a démontré une remarquable capacité de rebond après la crise sanitaire. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle phase, celle d’une transformation structurelle, portée par le numérique, l’intelligence artificielle et la modification des attentes clients. Dans ce contexte, il était essentiel pour l’OPIIEC de mener ces travaux afin de mieux comprendre les dynamiques, d’identifier les compétences de demain pour accompagner au mieux entreprises et salariés dans cette transition. », explique Sophie Verger, responsable emploi et formation, UNIMEV, membre OPIIEC.
Chiffres clés de l’événementiel en 2025 :
1 500 entreprises (+ 7 % par rapport à 2023), dont 84 % qui emploient moins de 11 salariés ;
53 % des effectifs nationaux concentrés en Île-de-France ;
41 % des salariés ont moins de 35 ans (+ 6 points par rapport à la moyenne nationale) ;
54 % de femmes parmi les effectifs ;
2 300 congrès organisés annuellement en France, générant près de 2 milliards d’euros de retombées économiques ;
Un marché mondial en croissance annuelle de + 12 %, qui devrait atteindre 2 000 milliards de dollars d’ici 2032.
De – 52 % de chiffre d’affaires à + 12 % de croissance annuelle : un secteur résilient en profonde mutation

Après avoir surmonté une période particulièrement difficile lors de la crise sanitaire (- 52 % de chiffre d’affaires entre 2019 et 2020), le rebond est aujourd’hui tangible : 900 offres d’emplois ont été publiées en 2024, soit + 43 % en un an, dont 80 % en CDI.
Malgré cette hausse, des difficultés de recrutement persistent : 54 % des entreprises rencontrent des difficultés pour recruter et 34 % pour fidéliser. Celles-ci s’expliquent notamment par des conditions de travail du secteur perçues comme exigeantes : horaires décalés, travail le week-end, déplacements fréquents… Le sens du travail constitue en revanche un moteur pour ces professionnels, qui apprécient la diversité des projets, l’ambiance et les relations d’équipes, avec les clients ou partenaires, mais aussi l’opportunité d’être créatif.
Ce dynamisme retrouvé s’accompagne d’une phase de transformation structurelle profonde, qui exige de ses acteurs de repenser leurs modèles économiques pour répondre aux nouvelles attentes des publics : personnalisation de l’expérience, sobriété, innovation technologique.
Alors que le format hybride semblait s’imposer en sortie de crise, le secteur s’est depuis recentré sur le présentiel comme levier d’engagement et de création de valeur. En parallèle, l’IA s’est imposée dans le quotidien tout en accélérant la transition numérique : 45 % des acteurs du secteur la place comme la tendance ayant le plus d’impact dans le quotidien, et 54 % des structures prévoient d’adopter des solutions mobilisant l’IA.
L’intégration des engagements RSE constitue également une tendance importante pour les professionnels : 38 % la citent comme prioritaire, se traduisant concrètement par l’éco-conception des événements, la réduction de l’empreinte environnementale ou le recours à des prestataires locaux. Si ces pratiques se généralisent, leur déploiement reste hétérogène selon les structures, freiné par des contraintes économiques, un manque de standardisation et des difficultés à mesurer l’impact des actions engagées.

Des métiers en recomposition : le numérique et l’IA au cœur des compétences de demain
Toutes ces transformations redéfinissent en profondeur les métiers, qualifications et besoins en compétences. Elles demandent notamment le développement de compétences transversales et d’adaptabilité, avec des profils équilibrés entre savoir-faire technique et savoir-être. Les entreprises du secteur identifient comme prioritaires ces compétences :
Soft skills : adaptabilité, communication, gestion de projet ;
Compétences numériques : IA, outils collaboratifs, réseaux sociaux, CRM ;
Relation client : compréhension des enjeux business ;
RSE : compétence moins prioritaire, mais toujours recherchée.
Les métiers en eux-mêmes sont également concernés par ces transformations, sous l’effet combiné de l’IA, du numérique, des contraintes budgétaires et des nouvelles attentes des clients : croissance des fonctions techniques liées à la data et gestion de projet, émergence de nouveaux métiers axés sur la data et la RSE, transformation des métiers existants…
Du côté de la formation, celle-ci est jugée globalement en adéquation avec les besoins réels : l’OPCO Atlas a financé 2 047 formations continues et 941 formations en alternance dans le secteur en 2024, bénéficiant principalement aux TPE/PME. Si l’intégration des contenus liés au numérique et à l’IA pourraient être renforcée, le principal enjeu identifié reste le manque de passerelles professionnelles, particulièrement au sein des très petites entreprises où la transmission des compétences repose encore largement sur des pratiques informelles.
Des préconisations pour accompagner les entreprises du secteur
Cette étude a permis d’identifier 4 enjeux structurants pour le secteur : transmission des compétences en interne,intégration du numérique et de l’IA dans les pratiques, attractivité du secteur et développement des pratiques RSE. Pour répondre à ceux-ci, les professionnels de l’événementiel ont retenu quatre actions concrètes :
Organisation d’une campagne d’information sur l’offre de la branche et de l’OPCO Atlas structurée par enjeux (IA, RSE, compétences), avec des supports dédiés et des webinaires ciblés pour favoriser l’appropriation des dispositifs existants ;
Création d’une communauté d’ambassadeurs IA, reposant sur l’identification de référents au sein des structures et l’organisation de temps d’échanges réguliers (retours d’expérience, cas d’usage, veille) pour mutualiser les pratiques et accélérer la diffusion des usages ;
Formalisation d’un guide de bonnes pratiques de l’IA par famille de métiers, présentant des cas d’usage concrets, une veille sur les outils et des repères réglementaires, notamment à destination des TPE ;
Production d’un guide d’accompagnement RSE, orientant les entreprises vers les labels, outils et prestataires disponibles avec des repères opérationnels adaptés aux spécificités du secteur.
Pour accompagner les entreprises dans ces transitions, l’OPCO Atlas mobilise plusieurs dispositifs : le PAC RH pour structurer les besoins en compétences, l’AFEST, pour favoriser l’apprentissage en situation de travail ou encore Savoirs d’Avenirs, une plateforme en ligne de micro-learning, pour le développement de compétences numériques.
À propos de l’OPIIEC   
   
L’OPIIEC est une instance paritaire, association loi 1901, dont les membres sont les fédérations patronales SYNTEC et CINOV et les organisations de salariés FIECI-CFE-CGC, F3C-CFDT, CGT des sociétés d’études et MEDIA+ CFTC.    
   
Trois grandes missions lui sont confiées :    
- procéder à un état des lieux, en identifiant le périmètre stratégique des métiers de la branche, en anticipant le champ de l’observation et en analysant les statistiques d’entreprises, d’emplois, de métiers et de formation ;   
- étudier de façon prospective les formations nécessaires à ces emplois, leur adaptation aux métiers nouveaux et émergents, la valorisation des compétences, la reconversion éventuelle des métiers en perte de vitesse ou en voie de disparition dans la branche ;    
- communiquer, en transférant l’information aux partenaires de la branche, puis en l’ouvrant aux tiers institutionnels et privés.    
   



